
Arnaud Deschin de Beir a été formé à l’ESAD d’Amiens, puis aux Beaux Arts du Havre, Besançon et Marseille dont il sort félicité en 1996. Il performe inlassablement jusqu’à la fin de son cursus et l’obtention de son diplôme (« 100 cœurs sans toit », « Les performances de l’Agneau », entre autres). En marge de sa pratique de performer, qu’il poursuit jusqu’en 2003 et est entretenue par celle du judo et du Krav Maga, il devient assistant à la Galerie Roger Pailhas à Marseille (1996-1999) et travaille pour Bloc note et au lancement de Crash magazine. En 2000, diplômé d’état de visites et informations médicales il devient Délégué Médical BYK puis Takeda Pharmaceutical, poste qu’il occupe pendant treize ans et autour duquel s’imagine de nouveaux scénarii de performances, données pour la plupart à Marseille. Il devient en 2010 gérant de eurl La GAD Marseille, galerie au sein de laquelle il développe son activité de commissaire d’exposition. La GAD défend principalement les artistes émergeants (au total : 110 artistes présentés à Marseille, Paris, Malibu et dans des foires internationales). En 2016, il inaugure un nouvel espace dédié à l’art contemporain à Belleville, à Paris, sous le nom d’ARNAUD DESCHIN GALERIE. Il ferme l’espace en juin 2018 pour ouvrir, sur un plateau de 900 m² à Bagnolet, une plateforme artistique transdisciplinaire. Il inaugure ce projet par une performance, le « Don du tapis vert », adressée à la galeriste Valeria Cetraro, invitée à présenter les artistes de sa galerie. Le 1er novembre, alors que l’hiver est déjà bien installé, il se retrouve à la rue du jour au lendemain. Cette expulsion, survenue dans des conditions qu’il conteste, le contraint à fermer sa galerie en tant que lieu d’exposition physique. La suite se poursuit depuis une caravane, chez Madona Bouglione, du cirque Bouglione.
Ses performances intègrent les pratiques contemporaines in situ, celles du body art, de l’esthétique relationnelle, l’art de l’installation, la photographie et la vidéo. Il combine ces médiums aux réseaux sociaux et à son gout des mythes, pour poursuivre une œuvre imaginée aux Beaux-Arts, où l’affect est en permanence questionné depuis 1993.
Signatures d'artiste :
ARTDECH, dès 1993
Arnaud le Cœur, dès 1998
Pratique artistique et commissariats
Dès ses années d’études, il choisit le cœur comme élément récurrent de son œuvre, une forme qu’il décline et répète à l’infini, à la manière de Claude Viallat pour le mouvement Supports/Surfaces. Ce motif devient un langage en soi, une exploration inlassable de la couleur, du rythme et de la matière.
Artiste protéiforme, Deschin de Beir travaille sur tout support, explorant les interactions entre le geste, la matière et l’espace. Ses œuvres, qu’elles soient réalisées sur papier, toile, objets ou installations in situ, interrogent la relation entre l’art et le spectateur. Son approche sensible de la couleur et de la composition fait du cœur un véritable module plastique, une matrice de son expression artistique.
Parmi ses séries marquantes, on retrouve « Costume de galeriste », « Tribal » et « Cœurs bleu vert ». Ses travaux ont été exposés dans de nombreuses galeries en France et à l’international, notamment à Marseille, Lille, Saint-Ouen, Saint-Germain-des-Prés, Malibu, Barcelone et Bagnolet.
Au-delà du rôle traditionnel de galeriste, Arnaud considère chaque exposition comme une œuvre conceptuelle en soi. Il en réalise tous les commissariats, affirmant une approche engagée et une réflexion sur l’esthétique relationnelle, où l’espace d’exposition devient un lieu d’interaction et d’expérience sociale. Cette vision lui permet d’explorer les frontières entre l’artiste, le commissaire et le spectateur, redéfinissant ainsi la fonction même de la galerie.
En parallèle, Arnaud a été co-directeur de la YIA Art Fair (Young International Artists Art Fair) à Paris aux côtés de Romain Tichit. Cette foire d’art contemporain, fondée en 2010, s’est imposée comme une plateforme essentielle pour la jeune création internationale, privilégiant une approche humaine et innovante de la diffusion artistique.

Expositions et commissariats
Romantic Duo — Friche Belle de Mai, Marseille, 2013
Commissariat d’exposition : Arnaud Deschin de Beir.

Sunday at Home — La GAD Malibu, 2014

En 2014, Arnaud Deschin conçoit avec Isabelle Le Normand l’exposition collective « Sunday at Home », à Malibu, accueillie par la famille Philipson du 19 mai au 15 août.
Aujourd’hui — Aigle-Abeilles
À Marseille et dans les environs, son engagement se poursuit avec Aigle-Abeilles, une association loi 1901 qui mène des interventions d’art-thérapie en EHPAD, des ateliers d’arts plastiques et des projets autour de l’art contemporain.
La COLLECTION ADDB
De ces années d’expositions et de rencontres reste aussi la COLLECTION ADDB, sa collection d’œuvres d’art contemporain, qui continue de vivre aujourd’hui.
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Collection ouverte 2026
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Le regard de Pedro Morais — 2010
« Arnaud Deschin a transformé sa galerie en aventure collective, où se croisent artistes, collectionneurs, critiques, commissaires d’exposition, dandys, rebelles, francs-tireurs, esprits curieux.
Un bateau ivre où le capitaine sait mener de concert l’ouverture à l’extérieur, la découverte de jeunes artistes et la filiation avec ceux déjà reconnus, la rencontre entre la scène locale et internationale.
Il est rare que des galeries privées puissent revendiquer un rôle si actif dans l’activité sismique de l’art contemporain d’une ville. Arnaud Deschin participe clairement aux rythmes, aux dynamiques, à l’invention et à la prospection d’une scène plus vivante, en réseau avec d’autres galeries dans d’autres villes, dans d’autres pays.
L’étendue de ses collaborations inclut aussi bien une foire comme Art-O-Rama qu’une structure associative défricheuse comme Triangle France.
Peu de personnes le savent mais Arnaud Deschin, avant de s’investir dans une profession réglementée de délégué médical, a été formé à l’École des Beaux-Arts de Marseille. C’est là une différence secrète mais indépassable avec d’autres galeristes : il n’a sans doute jamais cessé d’être artiste.
Sa galerie, c’est désormais son œuvre. »
Pedro Morais, 2010. Texte conservé dans les archives de La GAD.
Le regard de Dorothée Dupuis — 2012
Arnaud a ouvert sa galerie en 2010, il y a 3 ans déjà, dans son appartement, comme l’avait fait Perrotin à Paris il y a vingt ans. C’est une stratégie commerciale de se dire, je ne dépense pas du fric, je mets tout dans la production, et je vis au milieu des œuvres – à la fois radine et généreuse. Il y a des collectionneurs qui ne comprennent pas du tout la démarche, qui veulent un espace dédié, l’art et la vie ça ne doit pas se mélanger, ça les fait douter sur la valeur des œuvres. En revanche les artistes ne s’y trompent pas, et ils sont souvent prêts à accepter les propositions d’Arnaud, qui a un relationnel assez spécial il faut dire, notamment parce qu’en parallèle d’être galeriste il est visiteur médical, il vend des anti-douleurs à base de dérivés morphiniques assez puissants, une poussée suffit, et il fait le geste, pschitt, donc dans le milieu Deschin on l’appelle « le pharmacien », ça fait bien rire les artistes. Il parle d’art comme du « produit », et en même temps il a un regard bien particulier sur les travaux parce qu’il a fait les Beaux-Arts ici à Marseille il y a bien longtemps, et aussi le sacro-saint passage chez Roger Pailhas sans lequel on ne peux pas monter une galerie à Marseille.
Il y a rencontré des figures comme Laurent Godin ou Pierre Bal-Blanc, que selon la légende il serait allé voir le jour où il s’est décidé à faire passer la visite médicale en second et l’art en premier (quand on lui demande pourquoi il avait arrêté l’art il dit d’abord qu’il voulait faire de l’argent, puis ensuite qu’il voulait une vie « rocambolesque »). Et donc Pierre Bal-Blanc toujours selon la légende lui aurait dit d’exposer tous les artistes qui passent en résidence à Astérides et Triangle France à la Friche Belle de Mai. Ce qu’il a fait, je m’en suis d’ailleurs assez vite rendue compte tellement ce conseil a été parfois pris de façon littérale mais comme on ne crache jamais sur un peu de publicité, j’ai laissé faire voire facilité bon nombre de transactions puisqu’il faut savoir qu’Arnaud parle un anglais plus qu’approximatif et qu’il envoie des emails et des textos plus vite que son ombre. D’où quelques malentendus avec certains artistes un peu attachés aux détails… ou au respect de la vie privée.
Regardez la liste des artistes avec lesquels a travaillé Arnaud Deschin : si vous êtes un vrai amateur d’art, elle parle d’elle même. Arnaud voyage beaucoup : Bruxelles, Miami, Genève, Paris, Monaco, Turin, et surtout Nice, son deuxième fief (c’est là qu’il vend ses stupéfiants). On saisira alors comment s’est constituée cette liste d’artistes : au gré des rencontres et des voyages, car Arnaud a compris que l’art c’est du social, du temps, de la discussion, de la fête, de la chaleur humaine, du sensuel, du formel, de l’amitié, mais aussi de l’intellect, du flair, de l’argent, et du réseau. Arnaud a bien retenu la leçon des années 90, et comme l’esthétique du même nom, c’est un galeriste relationnel.
Dorothée Dupuis, curatrice — 2012. Texte conservé dans les archives de La GAD.
Consulter le texte d’origine et sa critique de « Battle 1 et Battle 2 » →