Biographie Deschin de Beir
Mon parcours d’artiste, mes commissariats d’exposition, les textes critiques sur mon travail et la Collection ADDB.
Arnaud Deschin de Beir construit son parcours à la croisée de la performance, de l’installation, du commissariat d’exposition et de la création collective. La relation entre l’art et la vie quotidienne traverse ses recherches : l’œuvre peut prendre la forme d’un objet, d’une action, d’une identité ou d’une expérience partagée.
Formé dans les écoles d’art d’Amiens, du Havre, de Besançon et de Marseille, il obtient en 1994 le Diplôme national d’arts plastiques, option Art, à l’École des beaux-arts du Havre, puis en 1996 le Diplôme national supérieur d’expression plastique, option Art, à l’École supérieure des beaux-arts de Marseille. Ces deux diplômes lui sont décernés avec les félicitations du jury. Il complète ce parcours en 2000 par un DEUST de visiteur et informateur médical à l’université de Besançon, avec la mention Assez bien. En 2024, il obtient une certification de praticien en art-thérapie.
Dès le début des années 1990, il explore l’identité artistique à travers des pseudonymes construits à partir de son nom. DCH1, utilisé en 1991–1992, renvoie à Deschin ; ARTDECH, de 1993 à 1996, à Arnaud Deschin ; A 2dB, en 1997, à Arnaud Deschin de Beir. Cette succession n’est pas seulement une manière de signer : elle fait de l’identité un terrain de recherche.
Avec Arnaud le Cœur, apparu en 1998, cette démarche prend une dimension conceptuelle. À une période où il ne parvient plus à produire d’œuvres au sens traditionnel, l’adoption du pseudonyme constitue elle-même un geste artistique. Se nommer Arnaud le Cœur revient symboliquement à produire un cœur, sans que ce geste suppose nécessairement de le dessiner. Aujourd’hui, il met fin à cette succession d’identités artistiques et signe Deschin de Beir, son nom d’état civil.
Pendant ses années d’études et jusqu’au début des années 2000, la performance occupe une place importante dans sa pratique. « 100 cœurs sans toit » et les performances de l’Agneau engagent le corps, l’espace et la participation du public. La photographie, la vidéo et l’installation accompagnent ces actions et en prolongent les traces. Sa pratique du judo et du Krav Maga nourrit également cette attention au corps et à sa mise en jeu.
De 1996 à 1999, il est assistant à la Galerie Roger Pailhas, à Marseille. Il travaille pour Bloc note et participe au lancement de Crash magazine. Ces expériences lui permettent d’observer les circulations entre les artistes, les œuvres, les lieux d’exposition et les publications. Après son DEUST, il exerce pendant treize ans comme délégué médical, notamment pour Takeda Pharmaceutical. En parallèle, il poursuit ses recherches et imagine de nouveaux scénarios de performances, principalement à Marseille.
En 2010, il ouvre La GAD à Marseille et y développe une activité de galeriste et de commissaire d’exposition. La galerie est pensée comme un lieu de production, de rencontre et d’expérimentation, où l’expérience collective compte autant que la présentation des œuvres. Ses archives témoignent d’expositions personnelles et collectives, de collaborations avec des artistes et de projets conduits avec différents commissaires. Son activité s’étend également à Paris, à Malibu et à des foires d’art contemporain, dont YIA Art Fair.
Il conçoit certaines expositions comme des situations artistiques à part entière, au croisement de la création, du commissariat et de l’accueil du public. Cette approche interroge la place du galeriste dans la production d’une expérience sociale et esthétique, tout en laissant à chaque projet ses attributions et ses collaborations propres.
En 2013, « Romantic Duo » se déploie à la Friche Belle de Mai, à Marseille, sous son commissariat. En 2014, il conçoit avec Isabelle Le Normand l’exposition collective « Sunday at Home », à Malibu, accueillie par la famille Philipson du 19 mai au 15 août. Ces projets déplacent l’exposition vers d’autres lieux et d’autres formes d’hospitalité.
En 2016, il inaugure à Belleville, à Paris, un espace consacré à l’art contemporain sous le nom d’Arnaud Deschin Galerie. Il ferme cet espace en juin 2018 pour ouvrir à Bagnolet une plateforme artistique transdisciplinaire sur un plateau de 900 m² : En gare !. Le « Don du tapis vert », adressé à la galeriste Valeria Cetraro, invitée à présenter les artistes de sa galerie, en marque l’ouverture. Une expulsion interrompt ensuite ce lieu d’exposition physique. Le parcours se poursuit depuis une caravane, chez Madona Bouglione.
La Collection ADDB conserve une autre trace de ces années d’expositions et de rencontres. Cette collection d’art contemporain reste un espace de dialogue entre les œuvres, les artistes et les visiteurs. Des présentations et des performances invitées y prolongent l’expérience de l’accueil, sans confondre les œuvres de Deschin de Beir avec celles des artistes invités.
Aujourd’hui, Deschin de Beir a arrêté son travail autour du cœur comme forme artistique et développe des peintures de palmiers. Malgré sa connaissance approfondie du milieu de l’art contemporain, il ne revendique pas une carrière d’artiste professionnel. Sa recherche se poursuit principalement en dehors des expositions et du marché de l’art, dans l’accompagnement quotidien de personnes engagées dans la création plastique.
L’art-thérapie ne constitue pas seulement une évolution professionnelle : elle prolonge ses recherches sur la relation, la participation et la création collective. Avec Aigle-Abeilles, à Marseille et dans les environs, il accompagne notamment des ateliers en EHPAD et des séances utilisant les arts plastiques. L’attention portée à chaque personne et à l’expérience vécue déplace le travail artistique vers une pratique partagée.
Sous son nom d’état civil, Deschin de Beir poursuit ainsi son projet d’esthétique relationnelle à travers des peintures collectives intitulées « Séance d’art-thérapie de groupe ». Réalisées à plusieurs mains par des personnes accompagnées en atelier, à l’acrylique et à la craie, elles prennent place sur de grandes toiles montées sur châssis, au format vertical de 280 cm de hauteur sur 200 cm de largeur. Ces œuvres prolongent sa réflexion sur la participation du public en faisant de la création un processus commun plutôt qu’une production individuelle isolée.
De la production d’œuvres à l’identité conceptuelle, puis à la création relationnelle et collective, ce cheminement conserve une même question : comment l’art peut-il ouvrir une relation, transformer une situation et permettre une expérience partagée ? Le Portfolio en rassemble les traces et demeure ouvert aux archives, photographies et découvertes à venir.
Commissaire d’exposition
Don sur toit — Marseille, 1996
Exposition collective. Commissariat : Arnaud Deschin.
Extrait de mon portfolio de l’époque, dont ce site prolonge aujourd’hui le récit.
Romantic Duo — Friche Belle de Mai, Marseille, 2013
Exposition collective. Commissariat : Arnaud Deschin.

Sunday at Home — La GAD Malibu, 2014
Exposition collective. Commissariat : Arnaud Deschin.

« Arnaud Deschin a transformé sa galerie en aventure collective, où se croisent artistes, collectionneurs, critiques, commissaires d’exposition, dandys, rebelles, francs-tireurs, esprits curieux.
Un bateau ivre où le capitaine sait mener de concert l’ouverture à l’extérieur, la découverte de jeunes artistes et la filiation avec ceux déjà reconnus, la rencontre entre la scène locale et internationale.
Il est rare que des galeries privées puissent revendiquer un rôle si actif dans l’activité sismique de l’art contemporain d’une ville. Arnaud Deschin participe clairement aux rythmes, aux dynamiques, à l’invention et à la prospection d’une scène plus vivante, en réseau avec d’autres galeries dans d’autres villes, dans d’autres pays.
L’étendue de ses collaborations inclut aussi bien une foire comme Art-O-Rama qu’une structure associative défricheuse comme Triangle France.
Peu de personnes le savent mais Arnaud Deschin, avant de s’investir dans une profession réglementée de délégué médical, a été formé à l’École des Beaux-Arts de Marseille. C’est là une différence secrète mais indépassable avec d’autres galeristes : il n’a sans doute jamais cessé d’être artiste.
Sa galerie, c’est désormais son œuvre. »
Pedro Morais, 2010.
Arnaud a ouvert sa galerie en 2010, il y a 3 ans déjà, dans son appartement, comme l’avait fait Perrotin à Paris il y a vingt ans. C’est une stratégie commerciale de se dire, je ne dépense pas du fric, je mets tout dans la production, et je vis au milieu des œuvres - à la fois radine et généreuse. Il y a des collectionneurs qui ne comprennent pas du tout la démarche, qui veulent un espace dédié, l’art et la vie ça ne doit pas se mélanger, ça les fait douter sur la valeur des œuvres. En revanche les artistes ne s’y trompent pas, et ils sont souvent prêts à accepter les propositions d’Arnaud, qui a un relationnel assez spécial il faut dire, notamment parce qu’en parallèle d’être galeriste il est visiteur médical, il vend des anti-douleurs à base de dérivés morphiniques assez puissants, une poussée suffit, et il fait le geste, pschitt, donc dans le milieu Deschin on l’appelle « le pharmacien », ça fait bien rire les artistes. Il parle d’art comme du « produit », et en même temps il a un regard bien particulier sur les travaux parce qu’il a fait les Beaux-Arts ici à Marseille il y a bien longtemps, et aussi le sacro-saint passage chez Roger Pailhas sans lequel on ne peux pas monter une galerie à Marseille.
Il y a rencontré des figures comme Laurent Godin ou Pierre Bal-Blanc, que selon la légende il serait allé voir le jour où il s’est décidé à faire passer la visite médicale en second et l’art en premier (quand on lui demande pourquoi il avait arrêté l’art il dit d’abord qu’il voulait faire de l’argent, puis ensuite qu’il voulait une vie « rocambolesque »). Et donc Pierre Bal-Blanc toujours selon la légende lui aurait dit d’exposer tous les artistes qui passent en résidence à Astérides et Triangle France à la Friche Belle de Mai. Ce qu’il a fait, je m’en suis d’ailleurs assez vite rendue compte tellement ce conseil a été parfois pris de façon littérale mais comme on ne crache jamais sur un peu de publicité, j’ai laissé faire voire facilité bon nombre de transactions puisqu’il faut savoir qu’Arnaud parle un anglais plus qu’approximatif et qu’il envoie des emails et des textos plus vite que son ombre. D’où quelques malentendus avec certains artistes un peu attachés aux détails… ou au respect de la vie privée.
Regardez la liste des artistes avec lesquels a travaillé Arnaud Deschin : si vous êtes un vrai amateur d’art, elle parle d’elle même. Arnaud voyage beaucoup : Bruxelles, Miami, Genève, Paris, Monaco, Turin, et surtout Nice, son deuxième fief (c’est là qu’il vend ses stupéfiants). On saisira alors comment s’est constituée cette liste d’artistes : au gré des rencontres et des voyages, car Arnaud a compris que l’art c’est du social, du temps, de la discussion, de la fête, de la chaleur humaine, du sensuel, du formel, de l’amitié, mais aussi de l’intellect, du flair, de l’argent, et du réseau. Arnaud a bien retenu la leçon des années 90, et comme l’esthétique du même nom, c’est un galeriste relationnel.
Dorothée Dupuis — 2012.
Collection ADDB
La Collection ADDB réunit les œuvres que j’ai acquises depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui, principalement des œuvres d’art contemporain. Rassemblée pour la première fois en 2026, elle est ouverte au public sur rendez-vous.
Collection ouverte 2026
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Trois espaces successifs d’exposition d’art contemporain
Marseille · Paris · Paris-Est










