Biographie Deschin de Beir
Mon parcours d’artiste, mes commissariats d’exposition, les textes critiques sur mon travail et la Collection ADDB.
Biographie — Arnaud Deschin de Beir
Formation
Arnaud Deschin de Beir a été formé à l’ESAD d’Amiens, puis aux Beaux-Arts du Havre, de Besançon et de Marseille, dont il sort félicité en 1996. Il développe une pratique de la performance tout au long de ses études, jusqu’à l’obtention de son diplôme, notamment avec « 100 cœurs sans toit » et « Les performances de l’Agneau ».
Pratique artistique
Dès ses années d’études, il choisit le cœur comme élément récurrent de son œuvre. Il décline et répète cette forme à l’infini, à la manière de Claude Viallat dans le mouvement Supports/Surfaces. Ce motif devient un langage en soi, une exploration de la couleur, du rythme et de la matière.
Artiste protéiforme, Deschin de Beir travaille sur tout support, explorant les interactions entre le geste, la matière et l’espace. Sur papier, sur toile, à travers des objets ou des installations in situ, ses œuvres interrogent la relation entre l’art et le spectateur. Son approche de la couleur et de la composition fait du cœur un module plastique, une matrice de son expression artistique.
Ses performances intègrent le body art, l’esthétique relationnelle, l’installation, la photographie et la vidéo. Il associe ces médiums aux réseaux sociaux et à son goût des mythes pour poursuivre une œuvre imaginée aux Beaux-Arts, dans laquelle l’affect est questionné depuis 1993.
Parmi ses séries marquantes figurent « Costume de galeriste », « Tribal » et « Cœurs bleu vert ». Ses travaux ont été exposés en France et à l’international, notamment à Marseille, Lille, Saint-Ouen, Saint-Germain-des-Prés, Malibu, Barcelone et Bagnolet.
Au-delà du rôle traditionnel de galeriste, il considère chaque exposition comme une œuvre conceptuelle en soi et en réalise les commissariats. La galerie prolonge ainsi sa pratique d’artiste : l’espace d’exposition devient un lieu d’interaction et d’expérience sociale, où il explore les frontières entre l’artiste, le commissaire et le spectateur.
Parcours
En parallèle de sa pratique de performer, qu’il poursuit jusqu’en 2003 et nourrit par le judo et le Krav Maga, il devient assistant à la Galerie Roger Pailhas à Marseille, de 1996 à 1999. Il travaille également pour Bloc note et participe au lancement de Crash magazine.
En 2000, diplômé d’État de visites et informations médicales, il devient délégué médical chez BYK, puis chez Takeda Pharmaceutical. Il occupe ce poste pendant treize ans et imagine, autour de cette activité, de nouveaux scénarios de performances, présentées pour la plupart à Marseille.
En 2010, il devient gérant de l’EURL La GAD Marseille, au sein de laquelle il développe son activité de commissaire d’exposition. La GAD accompagne principalement des artistes émergents : au total, 110 artistes sont présentés à Marseille, Paris, Malibu et dans des foires internationales.
En parallèle, il a été co-directeur de la YIA Art Fair (Young International Artists Art Fair) à Paris aux côtés de Romain Tichit. Fondée en 2010, cette foire d’art contemporain s’est imposée comme une plateforme pour la jeune création internationale, privilégiant une approche humaine et innovante de la diffusion artistique.
En 2016, il inaugure à Belleville, à Paris, un nouvel espace dédié à l’art contemporain sous le nom d’ARNAUD DESCHIN GALERIE. Il ferme cet espace en juin 2018 pour ouvrir, sur un plateau de 900 m² à Bagnolet, une plateforme artistique transdisciplinaire. Il inaugure ce projet par la performance « Don du tapis vert », adressée à la galeriste Valeria Cetraro, invitée à présenter les artistes de sa galerie.
Le 1er novembre, il se retrouve à la rue du jour au lendemain. Cette expulsion, survenue dans des conditions qu’il conteste, le contraint à fermer sa galerie en tant que lieu d’exposition physique. Il poursuit ensuite son activité depuis une caravane, chez Madona Bouglione, du cirque Bouglione.
Signatures d’artiste
ARTDECH, dès 1993
Arnaud le Cœur, dès 1998
Deschin de Beir, dès 2025
Commissaire d’exposition
Don sur toit — Marseille, 1996
Exposition collective. Commissariat : Arnaud Deschin.
Extrait de mon portfolio de l’époque, dont ce site prolonge aujourd’hui le récit.
Romantic Duo — Friche Belle de Mai, Marseille, 2013
Exposition collective. Commissariat : Arnaud Deschin.

Sunday at Home — La GAD Malibu, 2014
Exposition collective. Commissariat : Arnaud Deschin.

« Arnaud Deschin a transformé sa galerie en aventure collective, où se croisent artistes, collectionneurs, critiques, commissaires d’exposition, dandys, rebelles, francs-tireurs, esprits curieux.
Un bateau ivre où le capitaine sait mener de concert l’ouverture à l’extérieur, la découverte de jeunes artistes et la filiation avec ceux déjà reconnus, la rencontre entre la scène locale et internationale.
Il est rare que des galeries privées puissent revendiquer un rôle si actif dans l’activité sismique de l’art contemporain d’une ville. Arnaud Deschin participe clairement aux rythmes, aux dynamiques, à l’invention et à la prospection d’une scène plus vivante, en réseau avec d’autres galeries dans d’autres villes, dans d’autres pays.
L’étendue de ses collaborations inclut aussi bien une foire comme Art-O-Rama qu’une structure associative défricheuse comme Triangle France.
Peu de personnes le savent mais Arnaud Deschin, avant de s’investir dans une profession réglementée de délégué médical, a été formé à l’École des Beaux-Arts de Marseille. C’est là une différence secrète mais indépassable avec d’autres galeristes : il n’a sans doute jamais cessé d’être artiste.
Sa galerie, c’est désormais son œuvre. »
Pedro Morais, 2010.
Arnaud a ouvert sa galerie en 2010, il y a 3 ans déjà, dans son appartement, comme l’avait fait Perrotin à Paris il y a vingt ans. C’est une stratégie commerciale de se dire, je ne dépense pas du fric, je mets tout dans la production, et je vis au milieu des œuvres - à la fois radine et généreuse. Il y a des collectionneurs qui ne comprennent pas du tout la démarche, qui veulent un espace dédié, l’art et la vie ça ne doit pas se mélanger, ça les fait douter sur la valeur des œuvres. En revanche les artistes ne s’y trompent pas, et ils sont souvent prêts à accepter les propositions d’Arnaud, qui a un relationnel assez spécial il faut dire, notamment parce qu’en parallèle d’être galeriste il est visiteur médical, il vend des anti-douleurs à base de dérivés morphiniques assez puissants, une poussée suffit, et il fait le geste, pschitt, donc dans le milieu Deschin on l’appelle « le pharmacien », ça fait bien rire les artistes. Il parle d’art comme du « produit », et en même temps il a un regard bien particulier sur les travaux parce qu’il a fait les Beaux-Arts ici à Marseille il y a bien longtemps, et aussi le sacro-saint passage chez Roger Pailhas sans lequel on ne peux pas monter une galerie à Marseille.
Il y a rencontré des figures comme Laurent Godin ou Pierre Bal-Blanc, que selon la légende il serait allé voir le jour où il s’est décidé à faire passer la visite médicale en second et l’art en premier (quand on lui demande pourquoi il avait arrêté l’art il dit d’abord qu’il voulait faire de l’argent, puis ensuite qu’il voulait une vie « rocambolesque »). Et donc Pierre Bal-Blanc toujours selon la légende lui aurait dit d’exposer tous les artistes qui passent en résidence à Astérides et Triangle France à la Friche Belle de Mai. Ce qu’il a fait, je m’en suis d’ailleurs assez vite rendue compte tellement ce conseil a été parfois pris de façon littérale mais comme on ne crache jamais sur un peu de publicité, j’ai laissé faire voire facilité bon nombre de transactions puisqu’il faut savoir qu’Arnaud parle un anglais plus qu’approximatif et qu’il envoie des emails et des textos plus vite que son ombre. D’où quelques malentendus avec certains artistes un peu attachés aux détails… ou au respect de la vie privée.
Regardez la liste des artistes avec lesquels a travaillé Arnaud Deschin : si vous êtes un vrai amateur d’art, elle parle d’elle même. Arnaud voyage beaucoup : Bruxelles, Miami, Genève, Paris, Monaco, Turin, et surtout Nice, son deuxième fief (c’est là qu’il vend ses stupéfiants). On saisira alors comment s’est constituée cette liste d’artistes : au gré des rencontres et des voyages, car Arnaud a compris que l’art c’est du social, du temps, de la discussion, de la fête, de la chaleur humaine, du sensuel, du formel, de l’amitié, mais aussi de l’intellect, du flair, de l’argent, et du réseau. Arnaud a bien retenu la leçon des années 90, et comme l’esthétique du même nom, c’est un galeriste relationnel.
Dorothée Dupuis — 2012.
Collection ADDB
La Collection ADDB réunit les œuvres que j’ai acquises depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui, principalement des œuvres d’art contemporain. Rassemblée pour la première fois en 2026, elle est ouverte au public sur rendez-vous.
Collection ouverte 2026
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Trois espaces successifs d’exposition d’art contemporain
Marseille · Paris · Paris-Est










