PRESS RE­LEASE

PRESS 8emeART

L’abstraction, fin en soi ou espéranto plastique ?
Dandysme formel ou rappel d’un monde puissamment agencé par des nécessités de communication aussi synthétiques que brutales?
Rizzo et Da Mata ne tranchent pas mais confrontent leurs deux approches dans un accrochage à la courtoisie potentiellement explosive.

Abstraction as an end in and of itself, or an artistic Esperanto?

A formal dandyism, or a reminder of a world powerfully organized by communication needs as synthetic as they are brutal?

Rizzo and Da Mata don’t make the choice, but their approaches are contrasted in a display of potentially explosive courtesy.

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Duo show : Battle Véronique RIZZO versus Francisco Da MATA

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.17 mai – 7 juillet 2012 / May 17th – July 7th, 2012
Entrée libre du vendredi au samedi de 15 à 19 heures ou sur Rendez-vous / Entrance Friday and Saturday from 3 pm till 7 pm or by appointment

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Vous avez déjà piloté une soucoupe volante ? Après, le sexe paraît banal.     [1]

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La rencontre des œuvres respectives de Véronique Rizzo et Francisco Da Mata à la Galerie Arnaud Deschin s’apparente plus, malgré son titre, à un flirt qu’à un accouplement. Mais les têtes-à-têtes les plus brefs et inattendus recèlent parfois les ingrédients des relations les plus durables.

L’un vit et travaille en Suisse; quand il s’agit d’une patrie imaginaire pour la seconde. En effet, l’art résolument tourné vers l’abstraction comme moyen d’expression de Véronique Rizzo a souvent laissé dubitatif ses concitoyens, plus habitués à des narrations égotiques ne faisant jamais l’économie d’une figuration à outrance. C’est alors tout naturellement qu’elle fantasme de l’eldorado abstrait suisse, de sa facilité à manier les formes, les couleurs, les énergies, dans des œuvres se passant d’explications biographiques autres que leur filiation à une histoire de l’art tournée vers l’innovation technique et la recherche dans la représentation de la perception.

De son côté, Francisco Da Mata ne s’embarrasse pas de telles questions. S’il fait appel au vocabulaire de l’abstraction, c’est plutôt en raison de ses accointances visuelles avec la pop culture que par amour de la forme pure : c’est un auteur direct, pour qui le médium est le message, et les formes qu’il utilise ont vocation à faire mouche, à évoquer efficacement ce qu’il leur somme de formuler.

Animés d’une radicalité visuelle impitoyable bien que mus par des buts différents, leurs œuvres se mêlent alors à la Galerie Arnaud Deschin à la manière de deux extraterrestres qui partageraient la même technologie mais pas la même culture : et les concessions, voire les politesses, que se font les œuvres les unes aux autres ne doit pas laisser oublier leur inhérente violence, leur potentiel explosif, qu’il s’agit de contenir tout en finesse dans l’espace étroit de la galerie.

Ainsi, le goût de Rizzo pour les environnement s’invitera sur le plafond de la galerie, dans une prise en main musclée mais discrète de l’espace : un appel à des couleurs poudrées minimisera le découpage acéré que les formes Rizzoliennes sont capables d’infliger à un innocent cube blanc livré entièrement à l’artiste. De même, les Safaris de Da Mata tenteront d’affirmer crânement leurs gammes colorées face à cet environnement contraignant, clamant leur mise triomphale et baroque comme une force et non comme une faute de goût. On sera en outre gratifié d’autres compositions abstraites de l’un et l’autre artiste, où les notions de décoration versus design ne seront pas en reste, témoignant des positions assurées de leurs auteurs quand aux liens délicats entre art et vie, entre superflu et essentiel.

texte de Dorothée Dupuis


[1] Terry Arrowsmith, The X-Files, saison 3, épisode 20 « Le Seigneur du magma », écrit par Darin Morgan (trad. Visiontext (Sophie Perret du Cray)).

http://veroniquerizzo.blogspot.com

http://www.documentsdartistes.org/artistes/rizzo

Véronique Rizzo , Gusto Factory, matériaux mixtes, print, peinture, acrylique, huile, néon sur toile, 220 x 145 cm, 2012, courtesy La GAD, Marseille



http://www.francisco-da-mata.com

Francisco Da Mata , Une rose est une corde est une route est une fuite, jet-d’encre sous cadre découpé et remonté, 90 x 74 cm, 2011, courtesy La GAD, Marseille